En Provence, le Dalida Institute surfe sur la vague des télécrochets

A une petite demi-heure du centre d’Aix-en-Provence se dresse le 6MIC, une salle de concerts nichée dans un hideux bâtiment gris en forme de rocher. Juliette Armanet, Gaël Faye ou Salif Keita s’y produiront dans les prochaines semaines, mais, le 7 mars, le 6MIC accueillait les premières auditions d’une école de musique tout juste lancée. Le Dalida Institute (aucun lien avec la famille, même si Orlando, frère et manageur de la star, a donné son aval au nom de l’école) recevra, début septembre, sa première promotion de cinquante apprentis chanteurs.

Une atmosphère de « Star Academy » règne dans le hall. Certains aspirants élèves sont venus avec leurs parents, d’autres avec un ami, quelques-uns font les cent pas, casque sur les oreilles et air inspiré. Autour d’un piano, un petit groupe se lance dans un « bœuf » un peu chaotique. Dans quelques instants, ils chanteront sur scène face à une dizaine de grosses pointures de l’industrie de la musique.

Roberto Ciurleo, ancien directeur des programmes de NRJ puis de Virgin Radio, devenu producteur de comédies musicales (Robin des bois, Saturday Night Fever ou Je vais t’aimer), est celui avec lequel tout a commencé. Cela fait une dizaine d’années, dit-il, qu’il réfléchit à une manière de former des chanteurs pour mieux les préparer à ce qui les attend dans leur vie d’artiste professionnel.

Un artiste « prêt à l’emploi » pour 16 000 euros

« Quand j’organise des castings, je suis toujours surpris de recevoir des jeunes talentueux mais pas du tout préparés, explique-t-il. Ils ignorent le langage professionnel, ne connaissent pas la filière musicale, ont souvent signé un pseudo-contrat avec un pseudo-manageur… Or, même les chanteurs débutants peuvent demander des subventions, suivre des ateliers d’écriture, de composition… Il faut savoir lire un contrat, connaître les lois de l’exception culturelle française. »

Pour se tailler une place à part, le Dalida Institute promet une formation bien au-delà des cours de danse, de chant ou de musique. Savoir utiliser les réseaux sociaux, gérer son image, mais aussi comprendre le fonctionnement de l’industrie, de la fiscalité à l’art des contrats. La formation, intensive (800 heures de cours, stages, master class), dure moins d’un an, à l’issue de laquelle, promet-on, l’artiste sera « prêt à l’emploi ».

« Hors de question de rater un talent pour des raisons financières. » Jan Erik Frogg, producteur

Tant mieux, car la plupart, qui n’ont pas les moyens de débourser les 16 000 euros que coûte l’école, contracteront un prêt, selon des conditions négociées auprès du Crédit mutuel. Pour les futures stars sans ressources, l’équipe est en train de mettre en place un système de bourses. « Hors de question de rater un talent pour des raisons financières », jure le producteur Jan Erik Frogg.

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En Provence, le Dalida Institute surfe sur la vague des télécrochets

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