Gabriel Boric aux couleurs du Chili

Coup sur cou

Enfin, une bonne nouvelle ? Elu en décembre 2021, Gabriel Boric a été investi le 11 mars 2022 dans ses nouvelles fonctions. Au Palais de la Moneda, le siège de la présidence, à Santiago du Chili, l’ancien leader étudiant a salué l’héritage de Salvador Allende, pourfendu la dictature militaire de Pinochet, rendu hommage à deux manifestants ayant perdu la vue lors du soulèvement social de 2019, puis promis de respecter la Constitution « devant tous les peuples chiliens », en référence aux peuples autochtones. Résultat ? L’absence de cravate au cou de Boric passa totalement inaperçue.

Couleurs populaires

Pour l’occasion, le jeune président avait mieux qu’une cravate. Sur son torse reposait l’écharpe ­tricolore des présidents, remise des mains du nouveau président du Sénat, le socialiste Alvaro Elizalde. En l’occurrence, ladite écharpe aux couleurs du drapeau chilien (le bleu représente l’océan Pacifique, le blanc les ­sommets enneigés de la Cordillère des Andes et le rouge le sang versé par les héros nationaux dans la lutte pour l’indépendance) avait été confectionnée par les 16 femmes de l’Union révolutionnaire du textile, militant pour rendre visible la précarité des couturières.

Le court des miracles

Aux côtés de Gabriel Boric se tenait Irina Karamanos, sa compagne, anthropologue de formation et nouvelle première dame du Chili. En ce grand jour, celle-ci réussit l’exploit de réhabiliter l’un des vêtements les plus décriés qui soient. Ainsi porté, ce pantacourt vert nous rappela que le vêtement en question ne souffrit à sa création, en 1948, par l’Allemande Sonja de Lennart, d’aucune stigmatisation. Au contraire même, c’était un vêtement sophistiqué et affiné. Au point qu’on le désignait par le terme « capri pants » et qu’Audrey Hepburn l’arbora fièrement dans Vacances romaines (1954).

Coq en pâte

Ce vendredi-là, la nouvelle cheffe du protocole, Manahi Pakarati, avait opté pour un style encore plus osé qu’Irina Karamanos. Elle portait une tenue « Rapa Nui », soit une tenue traditionnelle de l’île de Pâques, dont elle est originaire. Sur sa tête, Manahi Pakarati avait même posé un ha’u, la coiffe traditionnelle faite d’un tissu de mahute, un arbre géant sacré, et ornée de plumes de coq. Cette pièce-là, même Audrey Hepburn n’avait pas osé.

L’armée du salut

A la Moneda, Manahi Pakarati n’était pas la seule à évoluer tête ­couverte. Derrière elle, et dans un tout autre registre, trois militaires portaient leur coiffe, l’effleurant même des doigts pendant le garde-à-vous, de façon très symbolique. Si ce salut militaire fut d’abord un signe de paix destiné à montrer qu’on ne tenait pas d’arme en main, il prit au fil du temps une autre dimension. Ainsi, en touchant leur coiffe, ces trois militaires chiliens expriment leur fidélité au drapeau et à ses couleurs. La fidélité au président ? N’en doutons pas un seul instant.

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Gabriel Boric aux couleurs du Chili

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