Guerre en Ukraine : Chelsea veut bouter les oligarques hors de leurs demeures

A l’entrée de Thornwood Gardens, une résidence neuve au cœur de Kensington and Chelsea, l’arrondissement le plus chic de Londres, des activistes de la toute nouvelle association Kensington Against Dirty Money (KADM) ont installé à même le trottoir une machine à laver, tambour grand ouvert, vomissant de faux billets de banque.

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Le symbole est transparent : ici, on lave de l’argent sale. « Dans cette résidence se trouvent trois propriétés appartenant à la famille du président de l’­Azerbaïdjan [Ilham Aliev], leur valeur avoisine les 40 millions de livres sterling [47,5 millions d’euros] alors que son salaire de président est de 175 000 livres sterling par an », affirme Joe Powell, cofondateur de l’association, lors d’une conférence de presse improvisée le 11 mars.

Vingt ans d’inaction

Depuis le début de l’invasion russe de l’Ukraine, le gouvernement Johnson a décidé d’en finir avec ces vingt années d’inaction durant lesquelles la capitale britannique a accueilli à bras ouverts les oligarques de Russie et d’ailleurs, sans quasiment poser de questions sur la provenance de leurs immenses fortunes, gagnant au passage le surnom de « Londongrad ».

Au 10 mars, les autorités britanniques avaient gelé les avoirs au Royaume-Uni de 18 oligarques proches du régime Poutine, dont Roman Abramovitch, le propriétaire du club de football de Chelsea, et Oleg Deripaska, fondateur, entre autres, de Basic Element, un des plus gros groupes industriels russes. Le premier possède une splendide villa au 16 Kensington Palace Gardens et un penthouse dans la tour Chelsea Waterfront – la valeur du tout est évaluée à plus de 150 millions de livres sterling. Le deuxième serait propriétaire d’une maison au 5 Belgrave Square, juste derrière Buckingham Palace.

Un marché de l’immobilier « faussé »

L’association KADM veut saisir ce moment pour dénoncer l’influence délétère qu’ont eue localement ces immenses fortunes, qui ont fait de leur borrough (« arrondissement ») de l’ouest londonien un de leurs points de chute préférés en Europe. « Ils viennent souvent l’été, pour faire leurs courses chez Harrods, le reste du temps, leurs logements restent vides, c’est complètement immoral », déplore Monica Press, conseillère municipale travailliste du borrough et habitante du quartier depuis vingt-cinq ans.

Enrolée dans la jeune association, Monica Press dénonce un marché de l’immobilier « faussé » par les oligarques. Les prix ont grimpé à des niveaux stratosphériques : le quatre-pièces se vend à environ 10 millions de livres sterling autour de Holland Park. A South Kensington, les studios frisent le million de livres.

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