Qui est Ginni Thomas, l’ultraconservatrice qui a tenté de faire annuler l’élection de Joe Biden

Une adepte des thèses complotistes

Elle s’appelle Virginia, mais tout le monde l’appelle Ginni. Avec son époux depuis trente-cinq ans, le juge conservateur de la Cour suprême Clarence Thomas, l’Américaine attire ces jours-ci tous les regards. Fin mars, à un jour d’écart, le New York Times Magazine et le New Yorker consacraient au couple deux longs articles (auxquels ils n’ont pas collaboré). Quelques jours plus tôt étaient révélés, dans le cadre de l’enquête parlementaire sur l’assaut du Capitole du 6 janvier 2021, ses textos enragés envoyés en novembre 2020 à l’ancien directeur de cabinet de Donald Trump, Mark Meadows. Elle l’encourageait à poursuivre la bataille contre cette élection « frauduleuse » et se montrait très proche des thèses conspirationnistes. Elle pourrait très prochainement être appelée à témoigner devant la commission pour s’expliquer sur son rôle dans les événements.

Une fervente militante de la droite dure

Militante professionnelle, Ginni Thomas a rejoint, en 2019, le comité de direction du Council for National Policy, un groupe d’influence de plus de 400 membres qui incarne, depuis les années 1980, la droite dure de Washington : on y trouve des membres du Parti républicain, mais aussi des chrétiens conservateurs, des militants du Tea Party (cette mouvance ultraconservatrice est née dans les années 2000, en réaction à la présidence de Barack Obama) et des supporteurs de Donald Trump. À 65 ans, cette activiste professionnelle est également chairman de Groundswell, un autre groupe au sein duquel elle côtoie, entre autres, l’ancien conseiller à la Maison Blanche Steve Bannon. « Quand certains ne font que parler, elle agit », dit d’elle l’homme d’affaires, devenu une figure des extrêmes droites mondiales.

Une indéfectible supportrice de Donald Trump

Intrigué par la popularité du juge Thomas (« Dans ­certains de mes meetings, il est plus applaudi que moi. C’est quoi, cette histoire ? », se serait-il étonné durant sa campagne), Donald Trump invite, fin 2018, le couple à déjeuner à la Maison Blanche. S’engouffrant dans la porte entrouverte et faisant jouer ses nombreuses relations, Ginni Thomas tentera pendant toute la fin de son mandat de peser pour faire nommer ses amis et alliés à des postes-clés. Après la défaite de novembre 2020 et les émeutes du 6 janvier, elle jette toutes ses forces dans la bataille pour exonérer l’administration Trump, mise en cause par la commission d’enquête du Parlement.

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Une « femme de » soupçonnée d’influencer son mari

« Ginni Thomas est-elle un danger pour la Cour suprême ? », se demandait, le 31 mars, le New Yorker. En 2011 déjà, plus de soixante-dix parlementaires démocrates avaient demandé à son mari de ne pas participer aux délibérations sur la réforme du système de santé impulsée par Barack Obama, au prétexte que son épouse avait activement milité contre. Le militantisme droitier de cette dernière pose la question de la neutralité supposée des juges de la Cour suprême. Ginni Thomas a ainsi reconnu avoir participé à la marche sur le Capitole du 6 janvier (avant qu’elle ne dégénère) et, lorsque la Cour suprême a été saisie pour trancher sur la question de l’accès de la commission aux archives de la Maison Blanche, un seul juge s’y est opposé : Clarence Thomas. Là encore, les démocrates ont demandé sa mise en retrait.

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Qui est Ginni Thomas, l’ultraconservatrice qui a tenté de faire annuler l’élection de Joe Biden

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