Sébastien Lecornu, la droite au service du président

Par Grégoire Biseau

Publié aujourd’hui à 03h00, mis à jour à 04h58

Sébastien Lecornu, ministre des outre-mer, à Paris, le 27 janvier 2022.

Chaque semaine, depuis le début du mois de septembre 2021, le mercredi (parfois le jeudi) en début de soirée, la voiture de fonction de Sébastien Lecornu, ministre des outre-mer, s’arrête devant le siège de La République en marche (LRM), au 68, rue du Rocher, dans le 8arrondissement de Paris. Sans s’attarder, il traverse d’un pas alerte le hall, puis la petite cour intérieure, pour rejoindre le deuxième bâtiment. Il a rendez-vous, dans le plus grand secret, avec l’équipe de direction de campagne d’un président pas encore candidat. Autant dire que rien ne doit filtrer.

Aux côtés de Grégoire Potton, ancien cadre de la campagne de 2017, s’assoient Alexis Kohler, l’omnipotent secrétaire général de l’Elysée, Stanislas Guerini, le patron de LRM, Jérôme Peyrat, le conseiller politique du parti, et lui-même.

C’est là que se prépare cette campagne qui refuse encore de dire son nom. On travaille sur la recherche des 500 parrainages, largement obtenus depuis, les futurs visuels et slogans, les outils de communication numérique, la logistique des grands meetings… La rédaction du futur programme restant, elle, entre les mains d’Alexis Kohler. « Tout est prêt, il n’y a plus qu’à appuyer sur un bouton », assure un proche du chef de l’Etat.

Cruelle déception

Ce n’est plus qu’une question de jours avant que le voile se lève sur le dispositif du candidat-président, mettant un terme au feuilleton qui a tenu en haleine tous les ambitieux de la Macronie. Finalement, le favori Sébastien Lecornu ne devrait pas hériter du titre officiel de directeur de campagne. Emmanuel Macron n’a pas très envie d’officialiser la relation privilégiée qu’il entretient avec celui qui a été longtemps un jeune espoir de la droite et, surtout, ne souhaite pas que ce dernier quitte son ministère. Sébastien Lecornu ne l’avouera pas, mais c’est une cruelle déception.

Si Grégoire Potton devrait assumer la direction opérationnelle et administrative, le jeune ministre de 35 ans héritera du premier titre officieux disponible : « le politique de la campagne ». Celui qui élabore la stratégie, réfléchit aux alliances et anime la relation avec les élus et les comités de soutien ­disséminés sur l’ensemble du territoire.

« Il jouera un rôle de premier plan, confirme-t-on dans l’entourage du chef de l’Etat. Non seulement il a su gagner la confiance d’Emmanuel Macron, mais il pèse de plus en plus dans la majorité présidentielle. » Une position d’intouchable qui vient couronner une ascension aussi spectaculaire que fulgurante. Et symbolise tout à la fois la droiti­sation du quinquennat et de la future campagne.

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